UN PEU D'HISTOIRE / STADE UNIPRIX
C'est en 1981 qu'a eu lieu le premier tournoi international de tennis. Pour Tennis Canada, le choix de ce site s'imposait de lui-même. Et puis, comme l'écrivait auparavant un journaliste de La Presse le 2 juin 1979 : « Jamais projet montréalais en sport international n'aura cependant été plus solidement ancré dès le départ, ne se sera adressé à un site aussi naturel et facilement transformable, ni aura comporté finalement une telle séduction : arracher un siège social à Toronto! »
À compter de 1993, Montréal s'est joint au réseau sélect des neuf villes participant à un circuit étoile du tennis. Seule ombre au tableau, depuis quelque temps déjà, la vétusté du stade du parc Jarry commençait à se faire criante. Il fallait moderniser le stade pour répondre à la demande des amateurs de tennis et, surtout, ne pas perdre le statut international de Montréal, ne pas échapper de tournois importants.
Or, c'est le 9 février 1995 qu'un protocole d'entente a été adopté entre la Ville de Montréal et Tennis Canada. En vertu de cet accord d'une durée de vingt ans, « la ville cédait à Tennis Canada vingt acres (soit près de 84 800 m2) du terrain du parc Jarry en échange de la gestion par celui-ci des installations à y construire. De plus, le quart du temps d'utilisation des nouveaux lieux serait réservé aux joueurs potentiels (sic), la moitié au tennis libre et le dernier quart au tennis d'excellence des tournois. Par ailleurs, le stade se donnait une nouvelle mission auprès des jeunes et de la relève, qui avaient ainsi la chance d'être des clientèles privilégiées au stade Jarry(.) » « L'aménagement, déclarait alors le maire, deviendra un atout pour cette aire d'activités sportives et culturelles. »5
Cette entente est certes un bel exemple de ce que prône la Ville dans son Cadre de référence pour le développement et la mise en valeur des espaces libres de Montréal : « la pleine mise en valeur des espaces libres à Montréal dépendra largement de la capacité de la Ville de développer de nouvelles formes de partenariat avec différents intervenants pour accroître les ressources complémentaires à celles de la Ville, qu'elles soient de nature foncière, ou financière, ou encore sous forme d'interventions directes. »6
Les plus récentes années de l'histoire « du stade de tennis du parc Jarry sont marquées au sceau du succès et témoignent de la vision des gens qui voulaient vraiment implanter le tennis à Montréal »7 alors qu'aujourd'hui, « ... les résidants de Villeray et d'ailleurs en sont venus à apprécier le parc Jarry, à l'intégrer dans leurs moeurs et à attendre des autorités qu'elles le dotent d'équipements appropriés non seulement pour l'élite sportive, mais pour les sportifs amateurs et tous les autres Montréalais. »8
En fait, « au parc Jarry, particulièrement durant la saison estivale, les occasions propices à organiser des activités diverses ne manquent pas : l'endroit est accueillant, la population locale s'y prête de façon conviviale et les suggestions de rencontres, de fêtes et d'autres activités abondent. Certaines sont à vocation culturelle, d'autres misent plutôt sur les sports, et certaines combinent les deux à la fois. »9 C'est dans le respect de cette tradition que se situe le projet de réaménagement et de développement du Centre de tennis du parc Jarry (aujourd'hui appelé le Stade Uniprix).
La création du complexe sportif de tennis: le fruit d'un partenariat
Outre Toronto, c'est à Montréal seulement que Tennis Canada a pignon sur rue. Au moment où germait l'idée de transformer l'ancien stade de base-ball du parc Jarry en un stade de tennis moderne, s'est également exprimée la volonté de regrouper sous un même toit tous les organismes tennistiques du Québec. Il y avait lieu de susciter une synergie créatrice entre les divers niveaux représentés à Montréal : le national, le provincial et le municipal.
L'ouverture du Centre est venu cristalliser un partenariat dont le milieu tennistique du grand Montréal avait besoin. Ce complexe a créé au coeur de Montréal une « masse critique » d'équipements collectifs devenue essentielle au développement du sport.
Ainsi, le Stade Uniprix regroupe désormais les dirigeants, les employés et les bénévoles de la Tennis Québec10, en plus du personnel de Tennis Montréal11 qui, jusqu'en 1996, ne pouvait être opérationnel que cinq mois par année, la Ville ne possédant que des courts de tennis extérieurs. S'ajoutent à cela des services connexes, comme une boutique d'équipement sportif et une clinique de physiothérapie. Les employés du service des parcs de la Ville de Montréal y ont également des locaux.
En vertu du partenariat entre Tennis Canada, la Tennis Québec et la Ville de Montréal, les installations et équipements du Stade Uniprix sont utilisés à des fins de jeu récréatif pour le grand public à raison de 45 %. Tennis Montréal utilise 25 % des temps d'occupation disponibles et Tennis Québec partage le reste avec Tennis Canada pour des activités de développement.
Par exemple :
- Cours pour les adeptes de tennis en fauteuil roulant
- Ligues récréatives
- Ligues compétitives
- Activités ponctuelles avec les écoles primaires et secondaires de Montréal
Tout en respectant la vocation traditionnelle du parc Jarry, on optimise ainsi la contribution de ce grand parc à la desserte locale des quartiers voisins. Notamment en intégrant le tennis au programme scolaire de certaines écoles du secteur; à ce chapitre, la collaboration avec la polyvalente Lucien-Pagé (1997-2002) est un exemple que Tennis Canada compte poursuivre au niveau primaire avec la collaboration de Tennis Montréal. Au cours des six dernières années, ce sont plus de 8 000 jeunes Montréalais, de 7 à 17 ans, qui ont pratiqué le tennis au Stade Uniprix grâce au travail de cet organisme.
Nul doute que les activités pouvant répondre à plusieurs besoins à la fois (socialisation, détente, jeu, santé physique, découverte et acquisition de connaissances) y soient de plus en plus populaires.
Le Stade Uniprix constitue donc un équipement sportif de premier plan dans la région métropolitaine, au service d'un bassin de plus de 50 000 adeptes du tennis. Sa clientèle est variée et nombreuse, alors que les résidants des quartiers avoisinants ont accès à des courts de tennis « dans leur cour » et, avec la carte Accès Montréal, à un tarif et des avantages préférentiels.
En avril 2004, le Centre de tennis du parc Jarry est devenu le Stade Uniprix, empruntant ainsi le nom de la plus importante chaîne regroupant des pharmaciens et des pharmaciennes indépendants au Québec.
5Le parc Jarry de Montréal, François Hudon, éditions Logiques, 2000, page 163
6Cadre de référence pour le développement et la mise en valeur des espaces libres de Montréal, 1992, page 35
7Le parc Jarry de Montréal, François Hudon, éditions Logiques, 2000, page 190
8Le parc Jarry de Montréal, François Hudon, éditions Logiques, 2000, page 175, 176
9Le parc Jarry de Montréal, François Hudon, éditions Logiques, 2000, page 17
10 Fondé il y a plus de cent ans, Tennis Québec est un organisme sans but lucratif voué à la promotion du tennis au Québec. Il regroupe plus de 500 000 adeptes et quelque 35 000 membres individuels provenant en majorité de ses clubs intérieurs et affiliés. Tennis Québec met continuellement sur pied des programmes qui assurent un développement efficace à tous les niveaux de participation, soit l’initiation, la récréation, la compétition et la haute performance. Tennis Québec est aussi heureux de s’associer à l’organisation d’événements majeurs en sol québécois, tels la Coupe Rogers, le Masters de tennis du Canada, le Challenge Bell de Québec, les Internationaux juniors de Repentigny, le Challenger de Granby, en plus des 150 tournois qu’il sanctionne chaque année.
11Tennis Montréal est un organisme relevant de la ville de Montréal qui a pour objectif de promouvoir et développer le tennis à Montréal. Sa mission est d’aider les jeunes athlètes à performer au meilleur d’eux-mêmes. La détermination, le courage, l’esprit sportif et l’honnêteté font partie des valeurs de son programme.